Skip to main content

Rapport sur la Politique Monétaire dans l'UMOA - Septembre 2026

RÉSUMÉ

1. Au deuxième trimestre 2026, l’activité économique mondiale est demeurée résiliente, en dépit de la persistance des perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales induites par les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine. Elle a été soutenue par les investissements dans le domaine de l’intelligence artificielle, dans un contexte d’atténuation des tensions géopolitiques, à la suite du cessez-le-feu intervenu en avril 2026 et du protocole d'accord conclu en juin 2026 entre les Etats-Unis et l’Iran.

2. Selon les dernières données disponibles, la croissance du PIB aux Etats-Unis s’est établie à 2,1%, en glissement annuel, au deuxième trimestre 2026, après 2,7% le trimestre précédent. En Zone euro, le taux de croissance du PIB est ressorti à 1,2% sur la même période, après 0,6% un trimestre plus tôt. Dans les pays émergents, l’activité économique est restée robuste en Chine, avec une hausse de la production de 4,3% au deuxième trimestre 2026, contre 5,0% au premier trimestre. En Afrique du Sud, la croissance est passée de 1,9% le trimestre précédent à 1,4%. Au niveau de la sous-région ouest-africaine, l’activité économique a progressé au Nigeria de 4,1% contre 3,9% au trimestre précédent. Au Ghana, le taux de croissance a connu un repli, s’établissant à 4,8%, après 6,4% enregistré précédemment.

3. L’inflation mondiale s’est accrue au deuxième trimestre 2026, portée par le renchérissement des produits énergétiques consécutif au conflit au Moyen-Orient. Aux Etats-Unis et en Zone euro, l’inflation s’est accélérée pour atteindre respectivement 3,7% et 2,8% en juin 2026, contre 3,5% et 2,6% en mars 2026. Dans les économies émergentes, la dynamique des prix en Chine s’est maintenue à 1,0%, comme en mars 2026. En Afrique du Sud, le taux d’inflation s’est établi à 5,0% contre 3,1% trois mois plus tôt. L’inflation a également augmenté au Nigeria (15,9% en juin 2026, contre 15,4% en mars 2026) et au Ghana (5,3% en juin 2026 contre 3,2% en mars 2026).

4. Les conditions monétaires et financières internationales, au deuxième trimestre 2026, se sont globalement durcies, avec une relative stabilité des taux courts et une augmentation des rendements obligataires à long terme dans les principales économies avancées. Aux États-Unis, le taux d’intérêt interbancaire au jour le jour (Overnight Bank Funding Rate) s’est situé à 3,63% en moyenne, au même niveau qu’au trimestre précédent. L’indice de référence sur le marché interbancaire en Zone euro (€STR) s’est établi à 1,97% en moyenne, enregistrant une légère hausse de 4 pdb d’un trimestre à l’autre. Sur les marchés obligataires, les rendements souverains à 10 ans ont enregistré une hausse de 25,0 pdb aux États-Unis, dans un contexte de remontée des anticipations d'inflation. En Allemagne, les rendements des obligations d’Etat à 10 ans ont progressé de 10,7 pdb, en lien avec les perspectives d’augmentation des dépenses publiques dans le secteur de la défense. De même, en France, ils se sont accrus de 17,9 pdb, portés par les préoccupations des investisseurs sur la trajectoire des finances publiques.

5. Sur le marché des matières premières, les cours des produits énergétiques se sont renforcés de 19,9%, en rythme trimestriel, durant le deuxième trimestre 2026, après une croissance de 20,6% le trimestre précédent. Cette évolution s’explique essentiellement par l’accroissement des prix du pétrole brut (+24,4%), lié au conflit au Moyen-Orient. De même, les cours des produits hors énergie ont évolué de 5,1%, en raison notamment de l'augmentation des prix des fertilisants, des métaux et minéraux, ainsi que des produits agricoles. En revanche, les prix des matières premières, hors pétrole, exportées par les pays de l'UEMOA, ont reculé de 2,7% au cours du deuxième trimestre 2026, après une diminution de 1,3% un trimestre plus tôt. Les baisses les plus importantes ont concerné le café (-7,9%) et l’or (-7,3%).

6. Au sein de l’UEMOA, l’activité économique est restée dynamique au deuxième trimestre 2026, le PIB réel étant en hausse de 6,0%, en glissement annuel, après une progression de 6,1% enregistrée au trimestre précédent. Cette dynamique résulte de la bonne orientation de l’activité économique dans l’ensemble des secteurs.

7. Le taux d’inflation dans l’Union s’est établi à 0,4%, en glissement annuel, au deuxième trimestre 2026, après -0,2% le trimestre précédent. La progression du niveau général des prix est principalement imputable au renchérissement des produits de la division « Transport » (+0,2 pdp après -0,1 pdp) et à l’atténuation du rythme de baisse des prix de la division « Produits alimentaires » (-0,3 pdp contre -0,8 pdp). Le taux d'inflation sous-jacente, qui retrace l’évolution des prix, en excluant ceux des produits frais et des produits énergétiques, s’est situé à 0,8% au cours du trimestre sous revue, après un niveau de 1,3% enregistré le trimestre précédent.

8. Selon les données des États, la gestion des finances publiques dans l’UEMOA, au cours du premier semestre 2026, s’est soldée par un accroissement du déficit budgétaire global, base engagements, dons compris, ressorti à 2.492,9 milliards, soit 3,4% du PIB, contre 2.355,3 milliards ou 3,2% du PIB un an plus tôt.

9. Les échanges extérieurs des pays de l’Union se sont traduits par un solde global de la balance des paiements excédentaire de 2.483,6 milliards au deuxième trimestre 2026, après un surplus de 1.787,5 milliards à la même période de l’année précédente, soit une amélioration de 696,1 milliards. Cette consolidation a été induite principalement par la réduction du déficit des transactions courantes qui est ressorti à 0,4% du PIB, contre 2,5% un an plus tôt. En revanche, le repli de 24,6% des entrées nettes de ressources au titre du compte financier par rapport à leur niveau de la même période de l’année précédente, a atténué cet effet.

10. Les conditions monétaires se sont globalement détendues au cours du deuxième trimestre 2026, en ligne avec l’amélioration de la liquidité bancaire portée notamment par la bonne tenue du secteur extérieur, et la réduction de 25 pdb des taux directeurs de la Banque Centrale intervenue en mars 2026. Le taux d’intérêt moyen pondéré sur le marché interbancaire, toutes maturités confondues, a baissé de 51 pdb pour atteindre 4,0%. Sur les nouvelles mises en place de crédit, le taux débiteur moyen, hors taxes et charges, s’est établi à 6,67% au deuxième trimestre 2026 contre 6,70% au trimestre précédent.

11. Sur le marché régional des titres publics, les taux de sortie des bons se sont réduits de 51 points de base au deuxième trimestre 2026, comparativement au trimestre précédent. Sur le segment obligataire, les conditions de financement sont restées favorables, la majorité des Etats ayant bénéficié d’une détente de leur rendement sur la période sous revue.

12. La situation monétaire à fin juin 2026 est marquée par une consolidation de la masse monétaire de 11.421,1 milliards, en hausse de 20,9%, en glissement annuel, après +18,1% un trimestre plus tôt. Cette évolution s’explique par l’augmentation des actifs extérieurs nets de 9.579,5 milliards (+115,1%), en lien essentiellement avec l’amélioration du solde global des échanges extérieurs, et celle des créances intérieures de 3.022,9 milliards (+4,8%). L’accroissement des créances intérieures résulte de la hausse conjuguée des créances nettes des institutions de dépôt sur les Administrations Publiques Centrales (+1.094,3 milliards ou +4,1%) et des créances sur l’économie (+1.928,6 milliards ou +5,4%). En particulier, les crédits accordés au secteur privé ont augmenté de 6,6% après 6,0% trois mois plus tôt, portés principalement par les crédits aux sociétés non financières (7,2% contre 6,4%).

13. Sur le marché boursier régional, l'activité s’est renforcée au cours du deuxième trimestre 2026, avec une augmentation de l’indice global (BRVM Composite) de 11,0%, après celle de 18,1% le trimestre précédent. La capitalisation boursière s’est accrue, en rythme trimestriel, de 7,2%, après une hausse de 11,0% trois mois plus tôt. Cette dynamique reflète l’augmentation de la capitalisation du marché des actions (+7,7%) et celle des obligations (+6,6%). Sur une base annuelle, la capitalisation boursière globale du marché a progressé de 30,9% à fin juin 2026.

14. Les perspectives économiques de l’Union font ressortir une croissance attendue à 6,1% en 2026 et à 6,2% en 2027, après 6,5% en 2025. Ces évolutions traduisent le maintien du dynamisme des industries extractives et manufacturières, des activités commerciales et des services ainsi que les bonnes perspectives de la campagne agricole 2026/2027. Ces prévisions restent toutefois tributaires de la conjoncture internationale et de la situation socio-politique et sécuritaire des pays membres de l’Union ainsi que des effets du changement climatique.

15. Les projections budgétaires dans l’Union font ressortir un creusement du déficit en 2026, avant une reprise de la consolidation en 2027. Le déficit budgétaire rapporté au PIB s’établirait à 3,5% en 2026, après 3,2% en 2025, avant de revenir à 3,1% en 2027. En particulier, la dégradation du déficit budgétaire en 2026 s’explique principalement par les mesures temporaires prises par certains Etats membres pour atténuer les effets socio-économiques de la crise au Moyen Orient sur les populations. Pour sa part, le ratio d’endettement public connaîtrait une quasi-stagnation à 63,6% en 2026 contre 63,3% en 2025 et se replierait à 60,8% en 2027.

16. Les échanges extérieurs de l'UEMOA se solderaient par un excédent du solde global de la balance des paiements, en 2026 et 2027, moins important que celui de 2025. Cet excédent ressortirait à 3.427,3 milliards en 2026 et 1.523,1 milliards en 2027, après 7.027,6 milliards en 2025. Cette réduction de l’excédent serait, entre autres, imputable à la dégradation des termes de l’échange qui reculeraient de 2,3% en 2026 et de 7,5% en 2027, sous l’effet conjugué de la hausse des cours des produits pétroliers et de la baisse des prix de certaines matières premières exportées, notamment le cacao. Ainsi, le déficit du compte des transactions courantes se creuserait, pour atteindre 1,6% du PIB en 2026 et 2,7% en 2027, contre 1,0% en 2025. Toutefois, les entrées nettes de capitaux au titre du compte financier, estimées à 4.349,9 milliards en 2026 et à 4.647,8 milliards en 2027, permettraient de couvrir les besoins de financement extérieur.

17. La situation monétaire serait caractérisée par une accélération du financement du secteur privé, après le ralentissement observé en 2025. La croissance des créances sur l’économie se situerait à 6,9% en 2026 et 7,8% en 2027, après 5,6% en 2025.

18. Le taux d’inflation dans l’Union, en moyenne annuelle, devrait revenir dans sa zone cible [1%, 3%], passant de 0,0% en 2025 à 1,0% en 2026 et 1,9% en 2027. Cette prévision intègre notamment l’impact de la crise au Moyen-Orient sur l’évolution des prix de l’énergie dans l’Union et le redressement anticipé des prix des produits alimentaires importés en 2027.

19. La balance des risques entourant les perspectives d’inflation demeure orientée à la hausse, en raison principalement des incertitudes entourant l’évolution de la situation géopolitique internationale, notamment la crise au Moyen-Orient, à travers ses effets sur les cours des produits pétroliers et alimentaires importés, ainsi que sur les coûts des engrais, du transport et du fret. Néanmoins, cette orientation haussière pourrait être contenue par un approvisionnement satisfaisant des marchés en produits céréaliers issus de la campagne 2026/2027. Elle pourrait être également atténuée par les mesures que prendraient certains États en réponse aux impacts négatifs des tensions au Moyen-Orient.